Éditorial : Avril 2009 - février 2012. Il y a presque trois ans que j'ai décidé de créer ce blog et de l'animer avec des articles que j'écris au quotidien pour divers médias camerounais et étrangers. Trois ans après, il me semble nécessaire de lui donner un nouveau souffle, un nouvel élan.

Le design a été amélioré, le traitement de l'information aussi. Entre-temps, le blog s'est concentré sur les arts et la culture du Cameroun, avec une ouverture sur les médias et la communication et une fenêtre sur le monde. Merci à vous tous qui visitez ce blog au quotidien. Puisse-t-il grandir grâce à toutes vos contributions ! stephiedjuka@yahoo.fr

jeudi 23 décembre 2010

le livre du jour : Vive Barack Obama!


Marcelline Ngono Bene a publié un receuil de poèmes lyriques en hommage au président des Etats-Unis.

Deux ans après l'élection de Barack Hussein Obama à la présidence des Etats-Unis d'Amérique, Marcelline Sybille Ngono Bene, plus connu sous le nom de Marcelline Nnomo Zanga, publie un livre pour le célébrer. “Odes et chansons africaines en hommage à Barack Obama” vient de paraître aux éditions Clé à Yaoundé.

“Aaa kangalio! Kangali! ”. C'est par ce refrain que commencent les 12 poèmes lyrique de ce recueil. “Ce siècle enfant avait huit ans lorsque Barack Obama, fils de Barack l'Africain et de Anna l'Américaine, a été élu”, chante l'auteure. Et de poursuivre, enthousiaste: “Il venait de pulvériser tous les records en transformant en réalité le rêve humaniste”. Dans sa grande admiration, elle se laisse aller à un verbe emphatique, laudateur, à la limite de la vénération, et scande son nom avec différentes déclinaisons: obamanisme, obamaphile, obamania, obamanitude. Ellle ne tarit pas non plus de superlatifs pour le désigner : envoyé des dieux, homme-providence, messie des temps modernes... Pour elle, cet homme qui n'est ni blanc, ni noir, ni jaune, ni rouge est venu “refonder l'homme avec le monde, confronter les Nations et les peuples avec leurs droits et devoirs et proclamer un nouvel humanisme”.

Un beau projet qui mériterait d'être évalué aujourd'hui. En 2008, l'élection d'Obama a ému le monde entier. Son audace, sa jeunesse (49 ans), son aisance et ses méthodes ont redonné espoir jusqu'aux confins de la terre; et nombre d'Africains se sont immédiatement reconnus dans ce fils de Kényan. Dans leurs coeur, il est devenu le père, le frère et le fils. Mais depuis, la cote de popularité du Prix Nobel de la paix 2009 a baissé et le capital de simpathie qu'il avait engrangé s'est détérioré. Les élections de mi-mandat aux Etats-unis, où les démocrates ont conservé la majorité au Sénat de justesse, le prouve. Par ailleurs, certaines de ses promesses sont devenues des courses d'obstacles, à l'exemple de la fermeture de la prison de Guantanamo. Dans ce contexte, il est légitime de se demander si cet ouvrage n'arrive pas deux ans trop tard.

Dans la préface qu'il signe, Jean-Emmanuel Pondi, auteur de “Barack Obama. De l'interrogation à l'admiration” (2008, Clé), écrit : “A mon humble avis, ce qu'il convient de retenir de ce magnifique recueil, c'est, par delà l'intention poétique et l'hommage rendu à un homme pour sa grande et prestigieuse stature, l'élan créateur d'une femme profondément soucieuse d'extérioser ses émotions face au long et dur combat de l'humanité, pour exorciser les démons de l'histoire et conquérir en fin de compte l'absolu”.

Marcelline Sibylle Ngono Bene est inspecteur général des Affaires académiques au ministère de l'Enseignement supérieur. Son recueil, il convient de le lire à voix haute, avec un accompagnement musical de préférence, pour saisir toute la beauté des poèmes et se laisser pénétrer par leur profondeur.

Stéphanie Dongmo


Marcelline Sibylle Ngono Bene

Odes et chansons africaines en hommage à Barack Obama

Editions Clé, Yaoundé

96 pages

Musique : Les fêtes de fin d'année en chanson

Papa Wemba, Wes Madiko, K-Tino et plusieurs autres artistes sont annoncés en concert à Douala et à Yaoundé.

Il suffit de regarder la télévision ces temps-ci pour les voir débarquer, les musiciens étrangers et autres artistes camerounais de la diaspora qui viennent donner des concerts en cette fin d'année. Célèbres ou moins connus, ils se produisent à Douala et Yaoundé, et certains feront même plusieurs dates.

Papa Wemba est ainsi à l'affiche de l'ouverture de la 2ème édition de la foire culturelle et commerciale de Douala, Bato Ba Douala (Ba'Doul) le vendredi 24 décembre. Sur la scène, il sera accompagné du groupe Viva la musica. A l'affiche aussi, d'autres musiciens de renom: Meiway, Ben Decca, Dina Bell, Ntoumba Minka, Lady B, Charlotte Dipanda, Guy Watson le père de la “mignoncité”. Il se produiront jusqu'au 2 janvier 2011. Sont également annoncés en concert à Douala, Monique Seka et Wes Madiko.

Après Ba'Doul, Papa Wemba devra prendre la route pour Yaoundé, où le public de Yaoundé en fête (Ya-fe) l'attend le 26 décembre. Suivra Ntoumba Minka le 30 décembre. La soirée de la saint sylvestre est consacrée au bikutsi féminin avec Karine Amy, la lauréate 2010 du concours de la chanson Mutzig star, Majoie Ayi et K-Tino. Mais avant, les spectacles qui vont se dérouler en plein air au boulevard du 20 mai s'ouvrent vendredi prochain par une prestation de l'Ivoirien Meiway.

Le chant chorale n'est pas en reste dans cette foire de concerts. Le groupe Gospel singers, auteur du titre-phare “shilo”, est à Yaoundé pour des concerts religieux. Le hip hop se jette dans la danse avec, ce jeudi à l'espace culturel Urban village, un concert d'un artiste de hip hop, Silver Black.

mercredi 22 décembre 2010

publicité : Des pasteurs s'affichent sur de grands panneaux


S'il coûte cher, ce support grand format leur permet de vendre leur image et de recruter des fidèles.

Religion et publicité sont-elles compatibles ? Il faut croire que oui. Au Cameroun, quelques pasteurs des Églises dites de réveil ont décidé de tirer leur épingle du jeu en misant sur le marketing religieux. Après l'affichage petit format pour annoncer des campagnes d'évangélisation, ils investissent chaque jour davantage l'espace public urbain en s'affichant sur de grands panneaux. Non plus pour annoncer des évènements mais pour faire passer un message et, au-delà, vendre leur image.

Messages touffus

Les messages, souvent longs et touffus, sont significatifs du but à atteindre. Extraits : « Que Dieu accorde la sagesse divine au président de la République et à toutes les autorités administratives du Cameroun au nom de Jésus Christ » ; « La nation camerounaise est la propriété privée de Jésus Christ » ; « Que l'Éternel des armées bénisse la police et les Forces Armées Camerounaise, tous les corps en Tenue et que la paix et la prospérité les accompagnent! » (Sic). Le premier texte est celui d'un panneau situé au lieu dit Texaco Elig-Edzoa à Yaoundé ; le second est visible au rond point Nlongkak et le troisième à l'entrée de l'École nationale supérieure polytechnique de Melen. Tous sont signés du « révérend docteur » Dieunedort Kamdem. Un jeune homme à l'éloquence sûre, qui, suite à une brouille, a quitté l'église du Plein Évangile pour lancer la sienne, il y a six mois : Faith convenant ministries international ou encore La Cathédrale de la foi.

Le grand panneau de Melen qui porte des écrits blancs, jaunes et orange sur un fond vert, tombe à pic, au moment où le Cameroun célèbre les 50 ans de son armée. Dieunedort Kamdem y apparaît vêtu d'un treillis. Il tient une bible dans la main gauche et sourit volontiers. Dans un coin, deux numéros de téléphone sont mentionnés, et donnent accès au secrétariat du pasteur-vedette.

Coût élevé

Dieunedort Kamdem, qui possède déjà la chaîne de télévision Kanodi Tv, ne lésine pas sur les moyens pour communiquer. Depuis mai 2010, il a fait afficher, au total, 12 grands panneaux de 4m2 sur 3m2, situés dans des lieux de forte concentration humaine, sur une période allant de trois à six mois. Un panneau tiré en couleur sur du papier vinyle coûte environ 150 000Fcfa en terme de production, révèle Hervé Fokou, le chargé de la communication et du marketing de Golgoth'art, l'établissement de conception graphique qui a réalisé ces grands panneaux. Il faut compter en plus un bail mensuel d'environ 90 000Fcfa par panneau pour l'affichage, selon les publicitaires.

Investissement rentable

Cet investissement est loin d'être vain. « Malgré le coût élevé, les grands panneaux interpellent les gens. La preuve, depuis six mois que j'ai commencé à communiquer, je suis passé de 50 à 2000 chrétiens », se satisfait le pasteur Dieunedort Kamdem, qui se dit prêt à explorer tous les canaux de communication qui existent pour faire passer son message. Et s'il se met davantage en relief sur ces grands panneaux, éclipsant parfois le message, c'est qu'il a de bonnes raisons : « si je pouvais filmer Jésus et le mettre là, je le ferais. Mais puisque je ne peux pas et que Dieu habite en moi, je mets ma photo sur le panneau ». Et d'ajouter : « Qu'on le veuille ou pas, on suit un homme qui a une vision, et non le contraire ».

Historique

Hervé Fokou raconte qu'Angela Acha Morfow est le premier pasteur camerounais à s'être aventuré dans ce canal du marketing religieux pour annoncer une campagne d'évangélisation en 2008. L'année d'après, c'était au tour de Raoul Waffo, un pasteur camerounais vivant en Côte d'Ivoire, de retourner dans son pays pour souhaiter à ses compatriotes une « bonne et sainte année » sur un grand panneau. Dieunedort Kamdem est entré dans la danse ensuite et n'a plus quitté la scène.

« Dieu est un produit que l'on vend »

Gérard-Paul Onji'i Essono, publicitaire et enseignant associé à l'Ecole supérieure des sciences et techniques explique que ce qu'on vend le plus, c'est la religion : « Le Christ lui-même a fait la publicité de son courant religieux à travers des miracles. Cela, c'est du marketing direct et ça date de Mathusalem. Les églises, les synagogues, les mosquées sont des lieux où ont prêche Dieu, et Dieu est un produit qu'on vend naturellement aux hommes, tout le monde ou presque étant à la recherche du salut ».

Stéphanie Dongmo