samedi 16 août 2014

Et de 2 pour le Festival du film de Masuku

La seconde édition de l’évènement organisé par la réalisatrice Nadine Otsobogo se tient du 13 au 17 août à Franceville au Gabon.

Projection en plein air
La carte blanche consacrée à Jean-Claude Cheyssial annonçait déjà la couleur de la programmation. Cinq des films du réalisateur bordelais sont programmés hors compétition. Des documentaires qui nous amènent au cœur de la forêt pour nous faire découvrir des traditions porteuses de sens et de vie. Autre film remarqué, « Dankumba » de Bakary Diallo, réalisateur malien décédé dans le crash d’Air Algérie le 24 juillet dernier alors qu’il revenait d’une session de formation Africadoc à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, en compagnie avec le réalisateur camerounais Lorenzo Mbiahou.

Spécialisé sur la nature et l’environnement, le Festival de Masuku « interroge la place de l’homme dans son cadre de vie de façon globale : biodiversité, enjeux environnementaux et urbanisme », selon l’Association Masuku qui porte l’évènement, à l’initiative de Nadine Otsobogo, réalisatrice et chef maquilleuse, présidente de l’association et déléguée générale du festival. Le but du festival est double : rapprocher le cinéma du public gabonais et sensibiliser le public aux enjeux de la protection de la nature et de l’environnement.
Cette année, le festival est parrainé par Danny Sarazin, directrice du Festival international du film animalier et de l’environnement qui se tient chaque année à Rabat au Maroc.

Stéphanie Dongmo

mercredi 6 août 2014

Grégoire Owona : « L’histoire du Cameroun est dans les livres »

Ministre du Travail et de la Sécurité sociale et Président du Conseil d’administration de l’association Ecrans noirs, il réagit au sortir de la projection du documentaire « Une feuille dans le vent » de Jean-Marie Teno, le 23 juillet dernier à Yaoundé, à l’occasion de la 18ème édition du festival Ecrans noirs. Un film où Ernestine Ouandié raconte sa quête du père et les traumatismes qui découlent du silence entretenu autour de l’histoire de l’indépendance. Le Secrétaire général adjoint du Rdpc, le parti au pouvoir, dédouane l’Etat du devoir de mémoire.


 
Grégoire Owona
Vous venez d’assister à la projection du documentaire « Une feuille dans le vent » de Jean-Marie Teno qui, à travers l’histoire d’Ernestine Ouandié, revisite l’histoire politique du Cameroun. Que pensez-vous de ce film ?
Je pense que c’est un très bon film d’abord sur le plan technique. Ensuite, le sujet est très intéressant, de voir ce que peut être la vie d’un homme politique, les côtés cachés : faire un enfant, partir sans savoir qu’on a fait un enfant, quelle vie cet enfant va vivre, ça fait apprendre beaucoup. Ce qui est important c’est l’évocation de l’histoire du Cameroun que beaucoup de personnes n’ont pas l’occasion de lire dans les bouquins. Cette évocation est objective ou manque d’objectivité, l’important est que ce qu’on a vu peut susciter la curiosité de chacun pour en savoir un peu plus.

L'affiche du film
Le Cameroun a célébré le cinquantenaire de son indépendance en 2010 sans que ces héros qui ont permis d’y arriver soient cités nommément…
Ces personnes ont été mises en valeur dans un spectacle présenté plusieurs fois à Buéa [à l’occasion du cinquantenaire de la Réunification en 2014, Ndlr]. Il n’y a jamais rien de suffisant, on les chanterait matin, midi et soir que certains trouveraient que ce n’est pas suffisant, d’autres trouverons que c’est trop. L’important c’est qu’on ait dit qu’il y a des héros qui ont fait l’histoire de ce pays, ces figures ont été cité nommément à Buéa et dans les actes de l’Assemblée nationale qui les a réhabilité. Maintenant, il ne faut pas que chacun essaie de fabriquer son petit Cameroun, on a un seul Cameroun,  Ouandié Ernest est reconnu comme un héros de ce pays.

Ernest Ouandié
Dans le film, on voit bien les conséquences psychologiques que le silence autour de cette mémoire peut entraîner, que faire pour que cette histoire soit vulgarisée ?
Cette histoire est publiée dans les livres par ceux qui ont écrit l’histoire politique moderne du Cameroun. Il faut que les gens s’intéressent à leur pays, il n’y a pas de miracle, il n’y a que le travail. Que les gens travaillent, qu’ils soient un peu plus curieux et s’informent sur leur pays, sur son histoire, ses héros.

C’est aussi à l’Etat d’enseigner cette histoire dans les écoles…
On n’est plus justement à l’époque où l’Etat doit tout faire, ça c’est ce que nous devons éviter. Il serait bon que les Camerounais sachent que chacun a sa part à faire, l’Etat est là pour réguler. Tout seul, il ne peut pas tout faire.

Propos recueillis par Stéphanie Dongmo


lundi 4 août 2014

Livre-évènement: Boko Haram, le Cameroun à l'épreuve des menaces


Le livre du Camerounais Léon Koungou, Boko Haram, le Cameroun à l'épreuve des menaces, arrive au moment où le débat en cours affirme qu'il n'y a pas de Boko Haram au Cameroun, et attribue les attaques dans la Septentrion à une rébellion camerounaise.

 
Résumé du livre:

"Le 17 mai 2014 à Paris, dans le cadre du sommet consacré à la sécurité au Nigeria, le Cameroun, par la voix du président Biya, a déclaré la guerre à Boko Haram, une menace moins conventionnelle provenant du Nigéria, et identifiée par la communauté internationale comme un mouvement terroriste. Le but du gouvernement camerounais est de neutraliser le mouvement, dont les actions audacieuses et criminelles installent une sinistrose dans les trois régions du Grand Nord-Cameroun, frontalières au Nigeria et majoritairement musulmanes. Pour ce faire, le Cameroun peut s’appuyer sur son armée dont les réformes, amorcées en 2001, font preuve de leur pleine efficacité. Toutefois, aucune armée, quelle que soit sa puissance, ne fait reculer durablement le terrorisme dans sa détermination. Par contre, la prévention, matérialisée par la bonne gouvernance, le dialogue national, des partenariats fiables, et une communauté de renseignement adaptée, constitue à ce jour l’arme redoutable contre les terrorismes. Gouvernants au sommet de l’État, politiques, stratèges, et autres leaders d’opinion ne peuvent se détourner de cette réalité, au risque d’entraîner leur peuple dans une violence perpétuelle".

L'auteur du livre:
Léon Koungou est docteur en science politique à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Université de Namur - Académie de Louvain. Il est l'auteur de plusieurs autres essais, dont "Le régime de la non-prolifération nucléaire, état des lieux, état du discours", "L'échec des Dieux" et "défense et sécurité nationale en mouvement, dynamiques des réformes, mutations institutionnelles en Afrique subsaharienne".


Le sommaire du livre:

 
 Introduction générale
 Partie 1. Penser la sécurité sous Boko Haram
Chapitre 1. Des leçons de la société nigériane
Section I. Bâtir la paix dans la diversité
Section II. Faire obstacle à la sécuritisation
Chapitre 2. Du rapport des populations à l’État
Section I. Relais de l’État et pouvoir de mobilisation
Section II. Contreparties du pouvoir de mobilisation
 
Partie 2. Etat des partenariats
Chapitre 3. France/Cameroun : un partenariat flexible
Section I. Axes traditionnels de coopération
Section II. Un partenariat à la croisée des chemins
Chapitre 4. L’apport de l’Union africaine
Section I. Attributs de puissance, et projection de paix
Section II. Commission et mobilisation du continent
 
Partie 3. Réponses de l’État aux défis sécuritaires
Chapitre 5. Réponses sécuritaires sur l’hinterland
Section I. De la coopération horizontale
Section II. Plus-value de la coopération
Chapitre 6. Réponses sécuritaires sur la façade maritime
Section I. Des initiatives de sécurité lointaines
Section II. Les actes de Yaoundé
 
Partie 4. La communauté camerounaise du
renseignement (CCR)
Chapitre 7. Défis du renseignement à l’échelle interne
Section I. Les chantiers de restructuration
Section II. De la mutation des tâches
Chapitre 8. Défis du renseignement à l’échelle externe
Section I. Points focaux des réformes nécessaires
Section II. De la coordination de la CCR
 
Conclusion générale
Bibliographie

mercredi 30 juillet 2014

Cyrille Marvin Vounkeng : « J’aimerais exposer au Cameroun »

Ce jeune camerounais installé à Düsseldorf en Allemagne a embrassé la photographie par passion. Ses photos qu’il publie sur son site internet www.marvinvounkeng.com et sur sa page Facebook attirent l’attention et interpellent.

 
D’où vous vient cette passion pour la photographie ?
La passion de la photo, je l’ai depuis mon enfance. Lorsque j’étais au lycée, mon frère m’a fait cadeau d'un appareil photo pour que je me fasse un peu d’argent de poche en photographiant les gens. Petit à petit, j’ai découvert la passion cachée derrière ce petit appareil rectangulaire. Photographier n’était plus une question d’argent mais de plaisir. Le plaisir de partager avec ces personnes leurs plus beaux moments. Lorsqu'ils sourient,  lorsqu'ils  posent devant toi et lorsqu’ils se réjouissent d’admirer leurs images. Ce moment, on ne peut le décrire. La photographie est pour moi plus qu’un art, c’est la passion d’être témoin des événements les plus importants de la vie des autres.
 
Vous êtes Camerounais, vous vivez en Allemagne. Parvenez-vous à vivre de votre travail de photographe dans ce pays occidental ?

C’est une bonne question. Pour pouvoir vivre de la photographie en Allemagne, il faut avoir assez de contrats. Cela veut dire faire de la publicité. Mes clients prennent contact avec moi grâce au bouche à oreille. Il faut vraiment être fort et convaincant pour gagner des marchés. C’est toujours un grand atout de combiner la photographie à d’autres activités comme le design des pages Web ou les vidéos. Je suis aussi informaticien et cameraman, ce qui élargit mon terrain d’action.

 
C’est quoi pour vous, une photo réussie ?

Une photo réussite c’est une photo extraordinaire,  tout y joue un rôle : l’éclairage, la clarté de l’image, le contraste, l’arrangement de la photo... il faut être créatif, savoir impressionner les clients. Imaginez-vous en train de feuilleter les photos d’un album, il y a des photos sur lesquelles vous passez sans trop vous y attarder. Mais il y a aussi des photos qui attirent votre attention.  C’est ce genre de photo que je sollicite. Mais l’art est relatif et d’autres facteurs, par exemple la culture, jouent aussi.

Vous travaillez beaucoup sur le blanc et le noir. N’est-ce pas dépassé aujourd’hui en photographie ?

Le choix du noir et blanc ou de la couleur dépend des informations que l’on veut donner à travers l’image. Une photo en couleur donne plus d’informations de l’image, des informations sur les couleurs et les constituants.  Les yeux de l’homme réagissent beaucoup à la couleur.  Mais ces couleurs doivent passer ensemble comme le rouge et noir ou le bleu et bleu-ciel. Ce ne sera pas logique de photographier la mer et le ciel en noir et blanc car on n’aura pas cette belle couleur bleu du ciel. Ce sera aussi fou de photographier une fleur en noir et blanc car la fleur, c’est sa couleur. Mais si l’on veut plutôt orienter l’attention ailleurs que sur la couleur, le blanc et noir est adapté, à considérer par exemple les photos d’architecture. Le noir et blanc est aussi utilisé pour augmenter le contraste entre les couleurs noir et blanc. Dans d’autres cas, il apporte plus d’émotion à l’image, dans des images de guerre ou une atmosphère sinistre par exemple.  

 
Quelles sont vos ambitions dans la photographie ?
Mon rêve c’est devenir un jour très célèbre. J’aimerais faire une exposition des portraits dans les jours à venir  ici en Allemagne. J’aimerais aussi exposer au Cameroun et amener les gens à aimer la photographie, et même donner des cours de photographie. Malheureusement, l'art de la photographie ne trouve pas sa place dans la culture africaine. En Europe, on reçoit plus d’attention en tant que photographe. Peut-être qu’un jour ça changera.

Propos recueillis par Stéphanie Dongmo  

vendredi 18 juillet 2014

Yonathan Parienti : « Horyou permet un mieux vivre ensemble »

Co-fondateur et CEO de Horyou, il présente ce nouveau réseau social qui propose une philosophie plus éthique, dans un contexte où les réseaux sociaux sont accusés d’être source d’aliénation, d’artificialisation de la vie et de destruction des relations humaines. Lancée en décembre 2013 à Genève, en Suisse, la plateforme www.horyou.com compte déjà de nombreuses inscriptions en Afrique. Entre autres le footballeur Roger Milla, le spécialiste de la chirurgie digestive, Dr George Bwelle, le cinéaste Moussa Touré, le musicien Ray Lema, les organisations Relais parents-enfants et Cinéma Numérique Ambulant. Fin juin, Horyou compte plus de 350 organisations et 300 personnalités.


Yonathan Parienti présente Horyou au Salon des solidarités, juin 2014 à Paris
Qu’est ce qui a motivé la création du réseau social Horyou ?
Le réseau social Horyou naît de la volonté de créer du sens au travers d’un nouvel usage de la technologie. Nous souhaitons apporter une dimension humaine au service de l’intérêt de tous. Nous aspirons à faire de la technologie un instrument au service de l’humanité. Horyou est le réseau social qui pense que la partie la plus importante de cette expression est bien 'social'.

Concrètement, qu’est-ce qu’Horyou ? Un nouveau réseau social lancé il y a maintenant plus de six mois. Son objectif ? Devenir la plateforme de référence où pourront se rencontrer les particuliers, les personnalités et les organisations qui agissent en faveur de la solidarité et du bien commun dans différents domaines tels que les arts, l’éducation et l’action sociale et environnementale. Notre devise ? Rêver, inspirer et agir.

Horyou est un espace qui permet de partager, de montrer que l'on peut contribuer à faire évoluer le monde, qu’un mieux vivre ensemble est possible grâce à des valeurs fortes, des volontés sincères et des actions humaines et pleines de sens. Horyou, c’est un réseau social pour ouvrir les yeux, s’engager et agir directement au quotidien à quelque niveau que ce soit.

L'équipe de Horyou
Le contenu publié sur la plateforme Horyou est-il contrôlé pour éviter des dérives ?

Tous les particuliers peuvent s'inscrire en quelques clics sur Horyou. Pour les porteurs de projets, personnalités ou associations, nous nous assurons dans leur processus d’inscription, que leurs engagements et actions s’inscrivent dans une démarche de tolérance et de respect, sans prosélytisme politique ou religieux. Nous sommes heureux de constater à ce jour que les membres de la communauté Horyou participent pleinement à l’émergence d’une véritable responsabilité collective.

Quel bilan faites-vous de ce réseau social au-delà des inscriptions ?

Depuis son lancement, Horyou, c’est de nombreux projets partagés entre nos membres issus de plus de cinquante pays et des échanges qui s'intensifient. C'est aussi une fondation, créée cette année, qui, à terme, pourra soutenir les organisations présentes sur notre plateforme et les accompagner dans la réalisation de leurs projets.

Nous lançons également la première édition du SIGEF, Social Innovation and Global Ethics Forum, qui se tiendra du 22 au 24 octobre, à Genève, Suisse, au Centre International de Conférence Genève (CICG). Ce forum est un véritable prolongement de cette nouvelle philosophie internet au service de l’action concrète et solidaire.
Voici, en quelques mots, nos premières étapes pour faire de cette plateforme le lieu où chacun peut partager, être source d'inspiration et agir à son niveau, selon ses intérêts et ses sensibilités.

Notre engagement a conduit nos équipes à la rencontre de nombreuses associations sur le terrain afin de valoriser leurs actions, notamment au travers de documentaires témoignant de ce qui se passe tous les jours dans le monde. Ces documentaires ont été l’occasion de projections, en avant-première dans nos différents locaux, et seront, à terme disponibles sur internet et d’autres canaux de diffusion.

Le Dr George Bwelle en campagne à Mouanko, filmé par Horyou
Quel est l’objectif des manifestations solidaires que vous organisez ?

Notre objectif est d’offrir la possibilité aux organisations et à tous les citoyens de se rencontrer. De même, nous souhaitons donner aux personnalités un espace dédié afin qu’elles puissent faire entendre leur message fédérateur et inspirer chacun de nous.

Le chargé du développement de Horyou en Afrique subsaharienne, Blaise Pascal Tanguy, a parcouru une dizaine de pays pour vulgariser ce portail. Pourquoi Horyou accorde-t-il une place prépondérante à l’Afrique?

L’Afrique est un continent qui déborde de richesses humaines et culturelles et où les solidarités s’expriment tous les jours, de façon transgénérationnelle. L’Afrique est un continent où l'on peut puiser d’innombrables exemples d'actions positives en faveur de l’humanité. Il existe un dynamisme incroyable, des espérances et volontés positives dont nos équipes ont été témoins lors de leur voyage sur le terrain. A l’instar de la richesse culturelle portée par le Cinéma Numérique Ambulant ou encore de l’engagement humaniste porté par le docteur George Bwelle et son association Ascovime. Tout comme la capacité créatrice et d’inspiration de Roger Milla et de la fondation Cœur d’Afrique. Nous sommes heureux de partager ces belles initiatives et bien d’autres encore à venir au sein de notre plateforme.

Propos recueillis par Stéphanie Dongmo