jeudi 2 février 2012

Roman : Un mari cavaleur


« Vie de femme, vie de sang » de la Béninoise Azaratou Baboni raconte les souffrances d’une femme de coureur de jupons.  

 
Combien sont-elles, ces femmes qui subissent chaque jour les infidélités répétées de leur conjoint? Combien sont-ils, ces hommes qui, non contents de courir les jupons, alignent des enfants naturels ? Des millions, certainement. Fatou, l’héroïne du roman « Vie de femme, vie de sang » (2011, Editions Plurielles) d’Azaratou Baboni, fait partie des épouses qui ont accepté de tout supporter pour conserver leur foyer. Mais ne dit-on pas que la patience a des limites ? Dans une de ses chansons, la Camerounaise Nono Flavie affirme : « Un mari cavaleur, ca fait pleurer tous les soirs (…) si c’est ca l’amour, je dis non ». Et c’est ce que Fatou va finir par faire.
« Une femme, c’est comme un chat. Elle a besoin de se sentir en sécurité, désirée, aimée. Elle a besoin d’être rassurée pour se laisser apprivoiser et alors, elle est semblable à une fontaine d’Amour », écrit Azaratou Baboni en guise d’épigraphe. Au début de la relation entre Fatou et Ambroise, il en était ainsi. Mais le prince charmant s’est très vite transformé en brise-cœur. Des sorties tardives, il s’est mis à découcher, puis, à s’afficher avec ses conquêtes. Pire. Devenu irresponsable, il a développé des stratagèmes pour soutirer de l’argent à sa femme. A force de pleurer le soir dans son lit, le visage de Fatou a pris ce masque de peine qui illustre la première de couverture du livre.
Mais comment quitter un homme lorsqu’on a deux enfants en bas âge ? Comment revivre le célibat lorsqu’on a connu les joies de la vie à deux ? Telles sont les questions que Fatou s’est posée pendant des années, comme beaucoup d’épouses dans la vie réelle, qui nourrissent l’espoir d’amener leur mari à changer. N’ayant pas de réponse, elle s’est résolue à fermer les yeux et à tout encaisser, même les coups de poing. Jusqu’au jour où elle a rencontré Eric. Un homme qui lui a redonné courage et espoir.
Il est regrettable que l’héroïne du roman ait attendu d’avoir un autre homme dans sa vie pour quitter un mari qui la rendait si malheureuse. Comme si les blessures de la femme ne pouvaient être pansées que par l’homme. Comme si une femme ne pouvait s’affranchir et s’affirmer qu’à travers un homme. Une idée qui, au même titre qu’un mari cavaleur, contribue à dévaloriser le sexe féminin. N’empêche. Le roman est plaisant à lire, même si son auteure cherche encore ses marques. Son écriture est linéaire et, à bien des égards, naïve. Mais l’histoire qu’elle raconte interpelle les femmes et leur parle.
« Vie de femme, vie de sang », la première œuvre publiée d’Azaratou Baboni, 38 ans, est une autobiographie écrite en 2006.
Stéphanie Dongmo

Azaratou Baboni
Vie de femme, vie de sang (roman)
Editions plurielles
Cotonou, décembre 2011
123 pages
Prix : 2000 Fcfa

1 commentaire:

  1. Bonjour Stephanie, je suis une etudiate et je suis en train d'ecrit ma memoire sur la souffrance de femme a travers vie de femme, vie de sang d'Azaratou Baboni pardon je voudrais savoir la biographie d'Azaratou Baboni.

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