mercredi 22 septembre 2010

Arts plastiques : Travaillez, prenez de la peine


Kristine Tsala, Samuel Dalle et Aza Mansongi, trois artistes issus de l’Académie des beaux arts de Kinshasa, exposent « From village to town », un hymne au travail, jusqu’au 26 septembre au Ccf de Yaoundé.
Ils sont trois, ils sont passionnés d’art plastique et ils ont été formés à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, en République démocratique du Congo. Depuis le 1er septembre 2010, les Camerounais Samuel Dalle, Kristine Tsala, et la Congolaise Aza Manzogi, membres du collectif 3Kokoricos, exposent leurs œuvres au Centre culturel français de Yaoundé, sous le titre « From village to town ».
Ce sont des peintures mixtes remplies de couleurs qui renvoient le message selon lequel « La vie est un combat». C’est notamment le cas du tableau « Au front » de Samuel Dalle. L’artiste y représente un « débrouillard » qui, ahanant sous le poids de son pousse-pousse, traverse une ville qui l’écrase. A coup de pinceaux, il immortalise l’ambiance infernale des villes africaines peuplées d’hommes angoissés qui, tous les jours, doivent transpirer sueur et sang pour gagner leur pain.
Kristine Tsala, elle, a un faible pour la mode telle qu’elle se donne à voir dans nos rues. Ses modèles filiformes sont frappés de gigantisme, avec des têtes qui épousent différentes formes géométriques. Ses mannequins sur toile arborent les unes des tenues traditionnelles, les autres des tenues modernes : pagne, pantalon, jupe, jacket, robes plus ou moins extravagantes, tout y passe. Ici et là, Kristine Tsala fait des collages de coupures de presse pour, comme les journaux, raconter le monde. L’habillement est en effet révélateur du temps qu’il fait, et même de la personnalité d’un individu.
Pour sa part, Aza Mansongi met l’accent sur les visages. Elle fait ainsi ressortir toute une palette d’expressions plus ou moins figées. La toile « Pelisa Ngwasuma » raconte la souffrance des femmes congolaises durant la guerre. Aza Mansongi est de ces femmes, et elle a su se fortifier dans l’épreuve. Pour exprimer cette « Renaissance », elle a réalisé deux têtes d’hommes noirs et blancs qui sortent des tableaux. Aza Mansongi situe ainsi « l’être humain au centre de tout, il a la clé de son destin en main ». Elle en veut pour preuve son expérience personnelle.
En 2005, les trois plasticiens ont fondé le collectif 3Kokoricos, dans le but de sensibiliser le public aux arts visuels et plastiques et aussi à la protection de l’environnement. L’exposition « From village to town », au demeurant un hymne au travail, est en cours jusqu’au 26 septembre au Ccf de Yaoundé.
Stéphanie Dongmo


Portraits

Aza Mansongi
L’abstrait et le figuratif

Congolaise d’origine, Aza Mansongi vit et travaille aujourd’hui à Douala, après s’être formée à l’Académie des beaux arts de Kinshasa. Son travail oscille entre l’abstrait et le figuratif, sculpture et peinture, quand il ne combine pas les deux (voir tableau Renaissance). Aza Mansongi s’est aussi ouverte à l’installation et à la vidéo. « Les lignes font vibrer mon travail et lui donnent une force particulière », écrit l’artiste de 30 ans sur son site internet.

Kristine Tsala
La rue et ses couleurs
A 31 ans, elle n’en finit pas de rouler sa bosse. Formée à l’Institut de formation artistique de Mbalmayo au Cameroun, Kristine Tsala est retenue pour représenter le Cameroun aux Jeux de la Francophonie. Commence pour elle une tournée africaine qui la conduit en Rdc, entre autres pays. Là, elle rencontre de grands noms de la peinture africaine comme Lema Kusa et Chéri Samba. Elle s’inscrit aussi à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. Kristine Tsala puise son inspiration dans la rue, le cœur de la vie.

Samuel Dalle
L’homme et le quotidien

Samuel Dalle n’est pas seulement plasticien, il est aussi designer pour des sites internet. Très tôt, il se découvre une passion pour le dessin, qui le conduit à l’Institut de formation artistique de Mbalmayo. Après quelques années passées à l’université de Yaoundé I, filière arts plastiques et histoire de l’art, Samuel Dalle va poursuivre sa formation à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. Pour lui, « l’art est l’expression du vécu quotidien ». Son travail interroge l’avenir de l’homme angoissé qui, mécaniquement, cherche son quotidien.
S.D.

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