jeudi 12 juillet 2012

Cinéma : La rue des enfants

"Mboko ou l'enfant de la rue", le documentaire du Camerounais Blaise Pascal Tanguy, était en compétition au festival Ecrans noirs 2012. 

Blaise Pascal Tanguy

Le cinéaste documentariste Blaise Pascal Tanguy semble avoir définitivement choisi la rue pour camper ses films : d'abord il a co-produit en 2007 la série de dix courts métrages documentaires intitulée "Afrique, les métiers de la rue" ; ensuite il a réalisé en 2011 "Le tueur silencieux", un film qui porte sur la vente illicite des médicaments dans la rue ; la même année, il a fait "Mboko ou l'enfant de la rue", qui raconte le phénomène des enfants de la rue au Cameroun, son pays qu'il a quitté pour s'établir en France

Dès la première séquence de ce dernier film, on entre dans le vif du sujet. A travers des témoignages poignants, les enfants racontent pourquoi ils ont quitté leurs familles et comment ils se sont retrouvés dans la rue. Ce sont des histoires qui ont pour dénominateur commun des couples brisés, des parents irresponsables, des familles recomposées qui produisent des enfants délaissés, perturbés, émotionnellement instables. Pour ces enfants dont aucun adulte ne se sent responsable, la rue devient un foyer. Un foyer bien dangereux cependant par les maux auxquels il les exposent : délinquance, vol, viol, prostitution, crime. Ces enfants qui commencent par être des victimes, se transforment très vite en bourreaux dans la rue. 

D'après le témoignage d'un cadre du ministère des Affaires sociales, 2775 enfants de la rue ont été recensés au Cameroun en 2007. Malgré la volonté politique affichée, le gouvernement s'est révélé incapable de trouver des solutions globales appropriées pour endiguer ce phénomène croissant. Il se contente des actions fragmentaires de retour en famille ou d'opérations de force ponctuelles. Illustration : en mars 2009, à l'occasion de la visite du Pape Benoît XVI à Yaoundé, la police a lancé une opération de ratissage au cours de laquelle des enfants de la rue ont été arrêtés et jetés à la prison centrale de Yaoundé au motif de vagabondage. Le but étant de cacher à la face du monde les rébuts d'une société en mal de repères. 

Les centres d'accueil des enfants de la rue existent mais ne réussissent pas toujours à donner un avenir aux enfants qu'ils recueuillent et à leur faire accepter un quotidien fait de contraintes. Conséquence, beaucoup retournent dans la rue pour continuer à vivre en marge des normes sociales. Heureusement, las de rapines et du vagabondage, certains de ces Sdf mineurs rêvent de stabilité, ce qui les motive à se trouver un emploi et une maison, pour cesser d'être des "nanga boko", qui signifie "dormir dehors" dans une langue locale. 

Un enfant de la rue à Yaoundé.
Sanctions
Jusqu'ici, le cinéma camerounais s'est peu interessé aux enfants de la rue, contrairement à la littérature qui compte, sur le sujet, une abondante production. "Mboko ou l'enfant de la rue" a le mérite d'aborder un sujet qui fâche. Le film a ratissé large pour faire parler les parties prenantes de ce problème devenu banal, à force d'être courant, dans les capitales africaines : les enfants de la rue, les associations d'enfants de la rue, le principal ministère concerné, les centres d'accueil des enfants de la rue. Tous proposent des solutions pour réduire, à tout le moins, le phénomène : une action concertée des pouvoirs publics, la création d'instituts pour la formation des enfants sortis de la rue, les sactions à l'encontre de parents dont les enfants se retrouvent dans la rue par leur mauvais soins... 

Mais le film n'a pas poussé l'enquête jusqu'au bout et s'est contenté de témoignages sans commentaire, que le spectateur doit prendre pour parole d'évangile. En 2007, le ministère des Affaires sociales a recensé 2775 enfants de la rue au Cameroun. Sur la même période, l'Institut de recherches et d'études en sciences de comportement (Iresco) estime à environ 4000 enfants de la rue au Cameroun, dont 2500 pour la seule ville de Yaoundé. Le film évoque aussi, sans les pénétrer, les réseaux qui tiennent en otage ces enfants de la rue et les détournements de fonds destinés à leur reinsertion. Ce qui laisse le spectateur sur sa faim.
Stéphanie Dongmo

Fiche technique
Titre : Mboko ou l'enfant de la rue
Réalisateur: Blaise Pascal Tanguy
Genre :  documentaire
Durée : 52 mn
Sortie : 2011
Production : 2PG pictures, Patou films international

lundi 9 juillet 2012

Ecrans noirs : Bye bye 2012, welcome 2013

La 16ème édition du festival de cinéma a primé le film "Julie et Roméo" du Burkinabé Boubacar Diallo.

Clôture du festival : photo de famille entre la ministre de la Culture (au centre), les organisateurs et les invités.

La cérémonie de clôture de la 16ème édition des Ecrans noirs s'est déroulée le vendredi 7 juillet au palais des congrès de Yaoundé. Ouvert par le film "Rebelle" du Canadien Kim Nguyen, le festival s'est refermé par la projection de deux films primés : le court métrage en 3D "Animtest" (04mn, 2012) du Camerounais Soffo Simo et le long métrage "Julie et Roméo" (90 mn, 2011) du Burkinabé Boubacar Diallo. 

Tourné en 18 jours et en vidéo, le 11ème long métrage de Boubacar Diallo, qui réalise entre un et deux productions chaque année depuis 2004, était en compétition face aux films comme "Viva Riva" du Congolais Djo Tunda Wa Munga, "Le collier du makoko" du Gabonais Henri Joseph Koumba Bididi et "La 5ème corde" de la Marocaine Selma Bargach. 

"Julie et Roméo" est une adaptation à l'africaine du classique "Roméo et Juliette". C'est l'histoire de deux amoureux. Par une malencontreuse méprise, le fiancé croit que sa dulcinée s'est tuée et se suicide. Mais, au lieu que Julie se tue à son tour, suivant l'oeuvre de Shakespeare, elle se bat plutôt pour faire revenir Roméo à la vie par la magie noire. Le film, qui utilise des effets spéciaux et où l'on remonte dans le temps, a connu du succès au Burkina Faso. 

Une scène du film "Julie et Roméo"
Bassek Ba Kobhio, le délégué général des Ecrans noirs, a avoué sa surprise quant au choix du jury : "Je me serai attendu à ce que ce soit "Viva Riva" qui soit primé. Boubacar Diallo fait des films en vidéo, sans beaucoup de moyens, mais ce sont des films populaires. Le cinéma c'est un art mais aussi une réponse à des attentes du public". 

 Gaston Kelman, auteur de l'essai "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" et président du jury pour cette édition, explique ce choix : "On en a marre du cinéma calebasse. On a hésité entre "Julie et Roméo" et "Viva Riva". On s'est dit que "Viva Riva" pouvait se porter tout seul et on a décidé de lancer "Julie et Roméo" qui a plein de défauts, mais aussi beaucoup de potentialités. C'est un film qui présente une Afrique nouvelle". 

Jean Roké Patoudem, membre du jury et distributeur à l'étranger de la comédie romantique "Le mec idéal" de l'Ivoirien Owell Brown (Etalon de bronze au Fespaco 2011), se réjouit de ce choix : "Le public africain s'accapare de son cinéma et le jury l'amène à le comprendre. C'était déjà le cas pour "Le mec idéal". "Julie et Roméo" est un film qui s'adresse aux Africains et le public s'y retrouve". 

Bilan 

Dans l'ensemble, les festivaliers font un bilan positif de cette édition des Ecrans noirs, même s'ils reconnaissent des couacs. Président de l'association Cameroon films industry (Collywood), Waa Nkeng Musi affirme : "Cela a été un succès par rapport à l'année dernière, même si aucun film en anglais n'a été primé. Pour les prochaines années, je recommande aux organisateurs d'être plus exigeants quant aux films sélectionnés pour être en compétition". 

Pour le réalisateur Eloi Bela Ndzana, "il y a deux ou trois ans, les Ecrans noirs ont sérieusement battu de l'aile. Il y avait une grande absence du public. Cette année, le festival a été meilleur avec un visage beaucoup plus festif. Cependant, sur le plan organisationnel, il reste des problèmes : beaucoup de films ont été annulés, ce qui a choqué". C'est par exemple le cas de "Aujourd'hui" (Tey) du Sénégalais Alain Gomis et de "Les couilles de l'éléphant" du Gabonais Henri Joseph Koumba Bididi, ce dernier film étant programmé dans le cadre d'une rétrospective des films gabonais. 

Le public au village du festival.
 Cette année, le public a été plus présent. Tous les soirs, des centaines de personnes ont assisté aux projections, mais surtout aux animations sur le car-podium prêté par le ministère des Arts et de la Culture, au village du festival situé sur le boulevard du 20 mai. L'une des attractions qui a draîné beaucoup de jeunes a été le Ciné-talent. Un concours lancé dans quatre catégories : miss et master, danse traditionnelle, danse urbaine, comédie. 

Ce succès n'a pas empêché qu'il y ait des projections, pourtant gratuites, avec moins de dix spectateurs, notamment au Palais des congrès et dans la salle de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), partenaire du festival. Des films annulés, des dvd défectueux ou qui ne sont pas arrivés, les projections qui ne commencent pas à l'heure, sont autant de problèmes qui font désormais partie du décor aux Ecrans noirs. 

Pour la première fois, le festival a eu une maîtresse de cérémonie pour l'ouverture et la clôture, l'actrice ivoirienne Emma Lohoues qui tient le rôle principal dans "Le mec idéal" : "Cela a été un honneur pour moi, d'autant plus que c'est la première fois que je suis sollicité pour être la maîtresse de cérémonie d'un festival. Ces Ecrans noirs, j'ai adoré : les films, l'ambiance au village du festival, la bouffe... " 

Cinéma et télévision 
Au cours du colloque sur le thème du festival.
Le thème de cette éditon, "Le développement de la télévision africaine : atout ou frein pour le cinéma du continent", a donné lieu à un colloque de deux jours. En marge du festival, l'Association des producteurs indépendants du Cameroun (Apic) a organisé une rencontre professionnelle sur le thème " le documentaire et la télévision en Afrique". A l'initiative de Cinepress, l'association camerounaise des critiques de cinéma, une journée de la critique s'est tenue le 4 juillet, avec des projections de grands films africains et une conférence-débat sur le thème : "Critique de cinéma et développement". 

Dès l'année prochaine, le festival Ecrans noirs sera inscrit au budget de l'Etat, qui en deviendra ainsi le co-organisateur. "Cela nous amène à être un peu plus serein quant au financement, à ne plus beaucoup nous soucier des caprices des sponsors", se réjouit Bassek Ba Kobhio. Ama Tutu Muna, la ministre des Arts et de la Culture, a profité de la tribune des Ecrans noirs pour annoncer que deux salles de cinéma verront bientôt le jour au Cameroun, dont l'une à la Cinémathèque nationale en réfection. Un concours de scénario devra aussi être lancé, dans le cadre de la volonté politique de relancen du cinéma camerounais qui, cette année encore, a été absent au Ecrans noirs. 

Les Ecrans noirs 2012 se poursuivent au Gabon du 9 au 13 juillet, avec des projections cinématographiques à l'Institut français de Libreville.
Stéphanie Dongmo

Le palmarès des Ecrans noirs
- Meilleur Film : "Julie et Roméo" (90 mn, 2011) de Boubakar Diallo, Burkina Faso ;
- Ecran d'honneur Charles Mensah : Hichem Rostom, comédien, Maroc ;
 marocain pour l'ensemble de son œuvre.
- Ecran du meilleur film étranger : "Ainom" (90 mn, ) de Lorenzo Cella Valla et Mario Garofalo, Italie ;
- Ecran du meilleur comédien : Yonas Perou, "Le Collier de Makoko" de Henri Joseph Koumba Bididi, Gabon ;
- Ecran du documentaire : "Zwelidumile" (112 mn) de Ramadan Suleman, Afrique du Sud ;
- Ecran du court métrage : "Animtest" (04 mn de Soffo Simo, Cameroun ;
- Ecrans de l'espoir spécial Apic-Ecrans noirs : "Sur le chemin de mon rêve" ( ) de Jean-Jacques Ndoumbè, Cameroun.

Ecrans noirs 2012 : le Gabon, 12 ans après


Explications par Bassek Ba Kobhio, délégué général du festival qu'il a créé en 1997. Les Ecrans noirs se déroulent à Libreville du 9 au juillet avec des projections à l'Institut français.

Bassek Ba Kobhio



C’était l’époque où certaines semaines, il n’y avait qu’un vol pour Bangui. C’était l’époque où un visa du Cameroun pour le Gabon relevait du pur exploit et simplement quelque chose d’inimaginable pour un  africain non camerounais, c’était l’époque des copies de films 35 mm qui pesaient 30 kilos, c’était déjà l’époque où les facilités de circulation douanière étaient plus du domaine du rêve d’une certaine Union que de la réalité.

Et pourtant malgré ces raisons de nous désespérer, malgré ce que certains déjà considéraient comme folie, nous le faisions. Nous passions une semaine au  Cameroun, nous enchaînions avec la RCA, nous finissions par une semaine au Gabon. C’était il y a douze ans, c’était il y a longtemps, c’était en même temps hier.


En douze ans cependant, que de changements dans l’univers du cinéma en Afrique Centrale ! Le Gabon a persévéré dans sa promotion de la production, avec des films comme « Le Collier du Makoko » qui font honneur à la sous région, mais ici aussi à Libreville, les salles de cinéma ont fermé, comme à Douala, comme à Yaoundé. N’djamena, grâce aux effets de Cannes sur le film de Haroun, a vu rouvrir une salle, alors qu’il y a douze ans elle n’en avait plus. Bangui la coquette avait une coquette salle, propriété d’un milliardaire qui avait fait fortune dans le bois et le diamant, mais qui la gardait toujours fermée, parce qu’il y tenait comme à une belle femme qu’on garde de tous les regards. Elle rouvrait pour les Ecrans Noirs, et on voyait sur le visage du projectionniste tiré de son chômage technique payé, comme un rayon de lumière, avec son sourire de l’homme qui se sait utile en faisant ce qu’il aime.


Le Libreville de Charles Mensah et de Pierre Marie Ndong était l’étape de l’ultime plaisir, des forces qu’on renouvelle, des soirées qu’on finissait tard dans ses lieux de trémoussement dont la ville avait le secret, je devrais dire dont la ville a le secret pour éviter d’être accusé de médisance due à l’âge. Et Libreville c’était une ville de cinéma, avec des salles toujours remplies, chaque projection étant une fête, c’était en plus une ville de recettes à la caisse, et je n’ai jamais compris comment une cité qui était grande comme le tiers de Douala pouvait engranger dix fois les recettes de Yaoundé. Mais c’était cela Libreville.


C’était il y a douze ans. Alors parfois de guerre lasse on arrête les choses, les belles choses, parce que l’intendance ne suit pas, parce que les efforts du début reposaient sur l’espoir que les Institutions et les sponsors suivent et qu’ils n’ont pas suivi, et les choses attendent qu’au bout du chemin des circonstances favorables rallument la lampe. L’Institut Français du Gabon et l’Institut Gabonais de l’Image et du Son nous donnent à nouveau le privilège de reprendre « la caravane », dans un contexte différent, avec une philosophie différente. Je souhaite que cela dure, pour que dans douze ans, Ecrans Noirs ait davantage contribué à faire de l’Afrique Centrale, une terre de cinéma.


Source : www.institutfrancais-gabon.com

dimanche 8 juillet 2012

Yaoundé: la convention du journalisme culturel

La Cameroon art critics (Camac), l'association des journalistes culturels camerounais, célèbre ses deux ans le vendredi 13 juillet 2012 à l'Institut Goethe de Yaoundé. 

16 juillet 2010 à l'Institut Goethe de Yaoundé. Des journalistes culturels au cours de l'assemblée générale de création de la Camac.

Exposé des motifs
Le 16 juillet 2010, la Cameroon Art Critics (Camac) a vu le jour à Yaoundé. Cela suivant la volonté d’une poignée de journalistes culturels camerounais résolus à donner à la culture une place plus importante et de qualité dans les médias. Dès le départ, elle a réussi à s’attirer non seulement des membres venant de rédactions les plus huppées du Cameroun, mais surtout de divers médias (presse écrite, radio, télévision, internet). A la demande de l’équipe dirigeante, un partenariat a été rapidement noué avec le Goethe Institut de Yaoundé qui a accepté d’accompagner les premiers pas, ainsi que la progression de la jeune association.

Deux ans plus loin et après la mise en place d’une antenne dynamique à Douala, le temps nous semble venu de faire le point et de repartir sur de nouvelles bases. Cela au cours d’une journée que nous avons baptisée CAMAC CONVENTION. Journée au cours de laquelle l’on fera le bilan des activités de l’association et se projettera vers l’avenir. Occasion aussi de renouer avec l’esprit de l’initiative qui consiste à se donner les moyens pour être plus performant. C’est ainsi qu’à coté du forum avec les membres seront ajoutés un atelier sur le style journalistique particulier aux rubriques culturelles dans les médias ainsi qu’un débat sur la place du journalisme culturel aujourd’hui dans les médias camerounais ainsi que son avenir.

C’est à l’effet de donner une idée de cette journée et des compétences et ressources qu’elle mobilisera que ce projet a été rédigé. Avec l’espoir qu’il saura convaincre les éventuels partenaires et permettre in fine aux membres de la CAMAC de fixer le cap et ainsi mieux accompagner la culture camerounaise qui comme chacun le sait est dynamique et variée.

Présentation
La Cameroon art critics (CAMAC) est une association de journalistes camerounais à but non-lucratif qui existe depuis le 16 juillet 2010 avec le soutien du Goethe Institut Kamerun. L’association est née de la volonté de rassembler les journalistes spécialisés dans la couverture des faits culturels en vue de promouvoir l’excellence dans le journalisme culturel au Cameroun. Sa mission principale est de contribuer à développer la critique comme discipline, en mettant l’accent sur les bases méthodologiques. L’association compte, en juin 2012, une quarantaine de membres répartis à Yaoundé et à Douala où une antenne régionale existe depuis février 2011.
CAMAC est administrée au quotidien par le Comité exécutif composé de trois (03) membres élus par l’Assemblée générale pour deux ans. Il s’agit de :

Président : Parfait Tabapsi, journaliste au mensuel Les Cahiers de Mutations ;
Secrétaire générale : Stéphanie Dongmo, journaliste au mensuel culturel Mosaiques;
Trésorière générale : Pélagie Ng’Onana, journaliste indépendante.
A ces trois, s’ajoute la présidente de l’antenne régionale de Douala Monique Ngo Mayag, journaliste au quotidien Mutations. 

En deux ans d’existence, CAMAC a réalisé plusieurs activités dont les plus significatives sont :
-   Un atelier de formation sur la critique cinématographique du 16 au 18 juin 2011 a l’Institut Goethe de Yaoundé animé par Jean-Marie Mollo Olinga, critique de cinéma camerounais et Klaus Eder, secrétaire général de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI). Cela en partenariat avec le Goethe Institut Kamerun.
- Un atelier sur le journalisme culturel du 20 au 24 novembre 2010 en marge des RETIC animé par Laure Malecot, journaliste culturelle française exerçant dans une radio à Paris. Cela en partenariat avec les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (RETIC)
- Un atelier sur la critique théâtrale du 16 au 19 novembre 2011 animé par l’auteur dramatique et administrateur de la Compagnie Feugham Kouam Tawa
En janvier 2010, CAMAC a noué un partenariat avec le mensuel culturel Mosaïques. Depuis lors, ses membres produisent gratuitement des articles dans ce journal. Mosaïques est ainsi devenu le support de communication privilégié de la CAMAC. 

Programme provisoire du vendredi 13 juillet
8h-9h : appel et installation des congressistes
9h-10h30 : présentation du bilan des 2 ans de Camac par le président et discussions
10h30-11h : pause café
11h-12h30 : programmation des activités de la saison 3 (aout 2012-aout 2013)
12h30-13h30 : pause déjeuner
13h30-15h : atelier sur le style journalistique dans les espaces ‘culture’ des médias (par Felix Ebole Bola, secrétaire général de la South Media Corporation)
15h-15h30 : pause café
15h30-17h30 : table-ronde avec pour thème ‘Le journalisme culturel aujourd’hui et demain’ (intervenants: Roger Owona, rédacteur en chef des magazines Nyanga et Weekend Tribune ; Joseph Owona Ntsama, chroniqueur au mensuel Mosaïques ; Télesphore Mba Bizo, reporter à la CRTV Poste national ; Stéphanie Dongmo, chroniqueur culturel, Secrétaire général de la Cameroon Art Critics).

Les experts de la table-ronde

Roger Owona
Sans doute l’un des plus anciens chroniqueurs culturels de la place camerounaise. Il appartient en effet à la 2è génération des critiques de chez nous, juste derrière les Charles Boyomo Assala et autres Jean-Marie Ahanda. Après avoir été chroniqueur au quotidien Cameroon Tribune dans les années 80 et 90, il a prêté sa plume pendant plus d’un an au tri-hebdomadaire Mutations en 99 et 2000 avant de retourner à la maison-mère, la SOPECAM, où il officie à nouveau à la direction des magazines comme rédacteur en chef du mensuel Nyanga et de l’hedo Weekend Tribune. Il insistera dans son intervention sur le profil du chroniqueur culturel au Cameroun aujourd’hui.

Joseph Owona Ntsama
Depuis près de deux ans, il a renoué avec la chronique culturelle dans le cadre du projet éditorial «Mosaïques, arts et culture du Cameroun» pour lequel il semble prendre beaucoup de plaisir. Une habitude qu’il avait quelque peu perdue depuis la disparition en kiosque voici quatre ans de la revue «Patrimoine». Revue à laquelle il avait plus que contribué huit ans durant, reléguant presqu’aux oubliettes sa casquette d’historien de la santé qui l’a conduit à rejoindre la Fondation Paul Ango Ela de géopolitique de Yaoundé (FPAE). Son intervention portera sur «La chronique culturelle sous le prisme d’une revue et d’un journal camerounais, expérience de chroniqueur».

Télesphore Mba Bizo
A la Cameroon Radio Television où il officie, difficile de reconnaître le chroniqueur cinématographique qu’il est pourtant. Là-bas, l’on a préféré misé sur les qualités de reporter qui figurent au carquois de sa palette journalistique. C’est seulement à l’international que l’ancien reporter de la FM Mount Cameroon de Buea fait donc le plus valoir ses qualités de chroniqueur … et de traducteur. Cela aussi bien au sein de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) dont il est l’un des rares membres africains qu’à l’association panafricaine ARTERIAL NETWORK qu’il a réussi au prix de mille difficultés à implanter au Cameroun. Il interviendra principalement sur cette expérience internationale depuis le Cameroun et surtout sur le lancement par ARTERIAL NETWORK depuis peu de l’African Art Journalists network (AAJN).

Stéphanie Dongmo
La benjamine et unique femme du panel n’est pas moins une chroniqueuse de talent. Qui depuis cinq ans a creusé son sillon dans le landerneau de la critique camerounaise. D’abord au sein de radios urbaines de Yaoundé, puis au quotidien Le Jour de 2007 à 2012. Et enfin par le truchement de son blog qui attire de plus en plus de curieux depuis son relookage il y a quelques mois. Membre de la Fédération africaine de la critique cinématographique, celle qui assure les fonctions de secrétaire générale au sein de la CAMAC est la présidente de la représentation camerounaise du Cinéma numérique ambulant (CNA) nouvellement créée. Son intervention sera axée sur «la pratique du journalisme culturel au quotidien au Cameroun».

Le modérateur

Parfait Tabapsi
Depuis son arrivée à la South Media Corporation (SMC) en 2007, il ne cesse de porter le flambeau de la culture dans la famille médiatique. Actuellement coordonateur de la rédaction du mensuel Les Cahiers de Mutations, il a auparavant travaillé pour le quotidien Mutations, l’hebdo people Situations et effectué quelques piges ça et là dans le champ de la culture. Avec d’autres confrères animés par la flamme culturelle, il a porté sur les fonts baptismaux  l’association Cameroon Art Critics (CAMAC) dont il est le président élu depuis sa naissance le 16 juillet 2010.

L’animateur de l’atelier

Félix Cyriaque Ebolé Bola
Dans le chapitre des journalistes camerounais en activité, il est l’un des plus anciens de la place. Après avoir roulé sa bosse dans nombre de rédactions, notamment à Douala (Challenge Hebdo, Dikalo…), il fait partie de l’équipe de jeunes qui lance Mutations en juillet 1996. Depuis, il y a fait preuve d’un talent d’écriture qui fait de lui l’une des plumes qui comptent au Cameroun. Après une parenthèse de quelques années à La nouvelle expression, il a rejoint Mutations où il officie à nouveau depuis une dizaine d’années environ tout en étant le correspondant de l’agence panafricaine d’information Panapress. Actuellement, il occupe les fonctions de Secrétaire général des rédactions au sein de la South Media Corporation.

Contacts presse
Parfait Tabapsi : 96.46.58.17
Stéphanie Dongmo : 75.11.76.62
Pélagie Ng’Onana : 78.94.96.91
Monique Ngo Mayag : 96.47.77.49

vendredi 6 juillet 2012

Ecrans noirs 2012 : Pour plus de documentaires à la télévision

Une rencontre professionnelle s'est tenu du 3 au 4 juillet à l'Institut Goethe de Yaoundé, pour une meilleure collaboration entre producteurs indépendants et diffuseurs. 

Le stand de l'Apic au village du festival.


L'Association des producteurs indépendants du Cameroun (Apic) a organisé une rencontre entre producteurs et diffuseurs sur le thème "Le documentaire et la télévision en Afrique", en partenariat avec l'association allemande des professionnels du documentaire AGDOK et l'Institut Goethe de Yaoundé. Un zoom sur le documentaire que Cyrille Masso, le président de l'Apic, qualifie de "parent pauvre des grilles de télévision", principal diffuseur de ce genre cinématographique. 

Autour de la table, une dizaine de producteurs face à trois chaînes de télévision, dont deux privées, sur les 17 officiellement enregistrées au Cameroun. Comme toujours lors de ce type de rencontre, les accusations ont fusé de toutes parts. Les chaînes de télévision ont été accusées de ne pas acheter des oeuvres de producteurs indépendants et de leur préférer des programmes étrangers, au mépris du quota légal qui est de 70% de programmes camerounais et 30% de programmes étrangers. Robert Ekukolé, le directeur des programmes et de la production à la Crtv, la télévision nationale camerounaise, reconnaît pourtant la nécessité pour les chaînes africaines d'avoir des programmes qui reflètent nos réalités, car "si tu ne peux pas montrer ta propre image, quelqu'un d'autre le fera en la déformant". 

Sur la défensive, les télévisions ont accusé à leur tour les producteurs indépendants de faire des films de moindre qualité, qu'elles acceptent souvent de diffuser quand même pour meubler leurs grilles de programmes. Mais surtout, elles se sont justifiées, en arguant, pour les privés, de l'étroitesse de leur budget qui arrive déjà à peine à couvrir les salaires du personnel. Un faux-fuyant quand on sait que ces télévisions qui diffusent des films de producteurs indépendants sans rien payer investissent dans la production des télé-réalités qui, selon elles, attirent plus d'annonceurs.

Les responsables des chaînes de télévision reconnaissent unanimement que des productions indépendantes de qualité vont apporter de la valeur ajoutée à leurs grilles de programmes. D'où la nécessité de trouver un terrain d'entente entre deux entités qui ont besoin l'une de l'autre : d'une part, la télévision qui a besoin d'oeuvres pour améliorer sa programmation, de l'autre, les producteurs indépendants qui ont besoin d'un espace de diffusion. La réconciliation entre les deux parties passe par un partenariat "gagnant-gagnant" dont des contours ont été dessinés.

Cinéma numérique ambulant 

Il est question d'encourager les co-productions entre les producteurs et les chaînes qui pourraient ne pas investir de l'argent mais juste engager du matériel (à condition que ce matériel soit de qualité et d'actualité ) et d’amener les chaînes de télévision à payer, même une somme modique, pour obtenir les droits d'exploitation des films. Il est aussi question d'inciter les producteurs indépendants à créer des entreprises pour porter leurs projets, et leur faire comprendre la nécessité de faire des films de qualité. Les autres canaux de diffusion ont été explorés, comme les festivals de cinéma et le cinéma itinérant avec notamment le Cinéma numérique ambulant au Cameroun, qui a pour objectif la projection des films africains de fiction et de sensibilisation dans les villages et la quartiers pauvres des villes. 

Pour essayer de matérialiser ces voeux que les participants ne souhaitent pas pieux, la rencontre entre les producteurs et les diffuseurs a accouché d'un réseau constitué de professionnels des deux camps chargés de suivre l'application des bonnes résolutions prises en salle. Un réseau de plus dont le risque est qu'il ne vienne gonfler les rangs des mort-nés des rencontres, face à la difficulté de trouver les moyens de ses ambitions.
Stéphanie Dongmo

mardi 3 juillet 2012

Ecrans noirs 2012 : le Gabon à l'honneur

La 16ème édition du festival de cinéma qui se tient à Yaoundé, Douala et Libreville entre le 30 juin et le 13 juillet, consacre une rétrospective des films qui ont fait l'histoire du cinéma gabonais. 

A la sortie du film d'ouverture. De g à d: Irène Bark, directrice du Goethe Institut Yaoundé, Bassek Ba Kobhio, délégué général des Ecrans noirs et Kim Nguyen, réalisateur de "Rebelle". Photo: Djimeli Lekpa.


Le festival international de cinéma Ecrans noirs s'est ouvert samedi 30 juin au Palais des congrès de Yaoundé. Après la montée de marches, les organisateurs de l'évènement ont, pour la première fois, toujours sur le modèle cannois, choisi une maîtresse de cérémonie : l'actrice ivoirienne Emma Lohoues a fait son entrée aux Ecrans noirs l'année dernière avec la comédie romantique "Le mec idéal" de Owell Brown, un rôle qui lui a valu plusieurs distinctions (Prix de la meilleure comédienne au Festival international du film de Khouribga au Maroc en 2011, Prix de la meilleure actrice au China golden rooster & hundred flowers film festival 2011 ).

Cette 16ème édition du festival a été solennellement ouverte par Laurent Serge Etoundi Ngoa, le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l'Economie sociale et de l'Artisanat, qui représentait le premier ministre. Tout en louant les efforts des organisateurs, il a félicité la longévité du festival et relevé le partenariat signé le 21 mars dernier entre le ministère des Arts et de la Culture du Cameroun (Minac) et sept festivals, dont les Ecrans noirs. Un partenariat qui, "à partir de l'année prochaine, permettra une allocation permanente au festival inscrit dans le budget de l'Etat".

La soirée s'est terminée par la projection du film d'ouverture, "Rebelle", du  Canadien Kim Nguyen. Sorti cette année et sélectionné par les Ecrans noirs pour l'actualité de son thème, ce long métrage en compétition dans la catégorie film étranger, était ainsi diffusé pour la première fois en Afrique subsaharienne. Il raconte, non sans clichés, le drame et les amours d'une fille-soldat forcée de tuer ses parents et d'intégrer un groupe de rebelles assassins. Kim Nguyen a d'abord envisagé de tourner son film au Cameroun, avant de poser ses valises au Congo Rdc. Il explique : "j'ai pensé qu'il était urgent de parler de la guerre d'une autre façon. On avait déjà fait des films sur la guerre, sur les enfants-soldats, mais on n'avait pas assez fait de films sur les femmes-soldats. C'était pour moi une plongée dans un univers que je ne connaissais pas. J'ai compris en le réalisant qu'il faut juger les actes, pas les hommes". Rachel Mwanza (15 ans cette année), l'actrice principale du film recrutée parmi les enfants de la rue, a été distinguée du prix de la meilleure actrice à la Berlinale 2012.

Rétrospective gabonaise
Cette année, la principale innovation du festival est son retour à Douala, mais aussi à Libreville du 9 au 13 juillet, la capitale gabonaise que les Ecrans noirs ont déserté depuis 2004. "Nous avons arrêté pour des raisons économiques. En plus, nous rencontrions beaucoup de problèmes de visa et des problèmes à la douane avec des films en 35 mm. Nous revenons à nos premières amours en allant à Libreville. Nous pensons un jour reprendre l'Afrique centrale", explique Bassek Ba Kobhio, le délégué général du festival qu'il a fondé en 1997. Pour marquer ce retour au Gabon, les Ecrans noirs consacrent une rétrospective du cinéma gabonais. Et c'est avec plaisir que les festivaliers vont revoir "Les tam-tams se sont tus" (1971) de Philippe Mory, "La cage" (1962) de Robert Darène, "Dôlè" (1999) de Imunga Ivanga, "Identité" (1972) de Pierre Marie Ndong, "Raphia" (1987) de Paul Mouketa et "Les couilles de l'éléphants" (2002) de Henri Joseph Koumba. Ce dernier réalisateur est en compétition long métrage avec un film plus récent, "Le collier de Makoko".

Le Cameroun absent
Dans cette catégorie, le Burkina Faso et le Maroc se taillent la part du lion avec respectivement trois et deux films, sur les neuf en lice pour succéder à "Voyage à Alger" d'Abdelkrim Bahloul, en remportant l'Ecran d'or. Cette année encore, aucun film camerounais ne figure en compétition long métrage, faute de proposition pertinente face aux films à l'esthétique recherchée comme "Viva Riva" du Congolais Djo Tunda Wa Munda (interdit aux moins de 18 ans en raison de ses scènes d'amour et de violence ), ou encore "Aujourd'hui" du Sénégalais Alain Gomis. La 3ème édition des Rencontres audiovisuelles de Douala (Rado), en avril, avait déjà donné l'occasion de regretter cette léthargie du cinéma camerounais. Noureddine Sail, le directeur du Centre cinématographique marocain, avait alors déclaré qu'"un pays qui ne produit pas au moins un long métrage par an n'existe pas". Dans son discours, le ministre Etoundi Ngoa a redit la volonté du gouvernement camerounais de relancer le cinéma. Un vaste chantier qui comprend le projet « shoot in Cameroon » dont l'objectif est d'inciter les producteurs étrangers à venir tourner au Cameroun, l’ouverture d’au moins une salle de cinéma et l’appui aux projets cinématographiques.

Par ailleurs, le cinéma camerounais d'expression anglaise revient en force avec quatre films en compétition Afrique centrale, sur les huit que compte cette catégorie : "On the brin" de Waa Nkeng Musi, "Dealer" de Andrew Njanjo, "Vice and vertue" de Kaka Sylvester et "Great passion" de Tikum Titus. Des réalisateurs qui, tous, sont membres de la Cameroon film industry (Collywood), l'association des professionnels du cinéma d'expression anglaise. Waa Musi, le président de cette association, se félicite de ce que le nombre de films d'auteurs anglophones sélectionnés aux Ecrans noirs va croissant : "Pour Collywood, c'était un défi de faire en sorte que les Ecrans noirs soient ouverts aux films anglophones sans que les producteurs soient obligés de les sous-titrer en français. Ce qui a été fait cette année. Le problème maintenant c'est de savoir si, au niveau du jury, ces films ne seront pas défavorisés du fait de la barrière que peut constituer la langue".

Cinéma et télévision
Après "Le cinéma africain et ses acteurs" l'année dernière, le thème du festival cette année est " Le développement de la télévision africaine : atout ou frein pour le cinéma du continent". Pendant deux jours, du 5 au 6 juillet, des professionnels du secteur vont plancher sur ce thème à l'occasion d'un colloque. Directeur du festival Ecrans noirs, Marcel Epée explique sur Culturebene que peu de chaînes africaines diffusent des productions cinématographiques africaines. "D’un côté, il y a des chaînes qui ont besoin de programmes de diffusion, de l'autre côté, il y a des cinéastes qui ont besoin des financements pour leurs films. Donc, nous mettons sur pied une plate-forme d’échanges pour essayer de voir comment est-ce que ces deux entités peuvent se soutenir". C'est aussi dans cet ordre d'idées que l'Association des producteurs indépendants du Cameroun (Apic) que préside Cyrille Masso, organise les 3 et 4 juillet prochains à l'Institut Goethe de Yaoundé, en marge du festival, une rencontre professionnelle entre producteurs de documentaires et diffuseurs sur le thème "Le documentaire et la télévision en Afrique".

A Libreville comme à Douala, les Ecrans noirs se déroulent à l'Institut français. A Yaoundé, six lieux ont été retenus pour les projections de films : l'Institut français, l'Institut Goethe, le centre culturel espagnol, la salle de la Caisse nationale de prévoyance sociale, le palais des congrès et le village du festival. Le village du festival a migré du Palais des sports vers le boulevard du 20 mai, un lieu cédé gracieusement par la Communauté urbaine de Yaoundé et qui, situé en plein centre-ville, est beaucoup plus accessible et donc à même d'attirer un public nombreux au festival. Car, le public est le principal challenge des organisateurs des Ecrans noirs. D'autant plus que l'année dernière, plusieurs films ont été projetés avec moins de cinq personnes dans la salle, pour des projections pourtant gratuites. Pour séduire le public, les Ecrans organise, tous les soirs, organisent des animations musicales au village du festival. Un concours de miss et masters, comédie et musique baptisé Le Ciné talent, a aussi été lancé, avec pour objectifs d'intéresser les jeunes au cinéma, de dénicher des talents à destiner aux métiers du cinéma.

Ecrans noirs 2012 rend un hommage posthume au comédien congolais Dieudonné Kabongo, décédé en octobre 2011 à l'âge de 61 ans. Il était présent au festival l'année dernière, avec le film "Un pas en avant... les dessous de la corruption" du Béninois Sylvestre Amoussou dans lequel il a joué.

Stéphanie Dongmo