mardi 7 février 2012

Projets culturels : 524 millions Fcfa bloqués à la Béac


Le volet culturel du Contrat de désendettement et de développement attend toujours des projets crédibles à financer.
Janvier 2012. L'exposition "Prêt à partager" à Doual'Art.
 
Mardi, 31 janvier 2012, au cours d’une conférence de presse qui avait pour objet la mutation des centres culturels français de Yaoundé et Douala en Institut français du Cameroun, l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, a affirmé que les fonds destinés à être investis dans des actions culturelles, dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), étaient, jusqu’ici, non consommés. Ces fonds s’élèvent à 800 000 euros (environ 524 millions FCfa). « Nous espérons qu’il sera possible de se mettre d’accord avec le ministère camerounais des Arts et de la Culture dans les meilleurs délais possibles, en vue de déterminer l’affectation de ces fonds », a-t-il déclaré. 

Déjà, en avril 2011, dans une interview accordée au Jour, Bruno Gain annonçait que dans le cadre du C2D culture, une « importante étude sur la culture » au Cameroun allait être lancée. Mardi, l’ambassadeur a expliqué que le projet a échoué, le ministère des Arts et de la Culture (Minac) ayant décidé de s’adresser à un autre partenaire, la Francophonie en l’occurrence, pour un projet similaire. « Nous souhaitons maintenant que le ministère détermine des projets qui pourraient être affectataires des crédits. Pour le moment, nous n’avons pas trouvé d’accord avec le ministre des Arts et de la Culture ». 

A ce discours, Joël Lebret, le conseiller culturel adjoint de l’ambassade de France au Cameroun, a expliqué que le Minac a fait des propositions. Les responsables Minac ont notamment proposé de travailler sur la rénovation du Musée national, la conservation du patrimoine et la formation des guides. Cependant, « nous avons proposé qu’un expert du Quai Branly [Musée du Quai Branly à Paris, ndlr] vienne étudier la faisabilité du projet ». Pour l’ambassadeur de France au Cameroun, il y a des préalables : « Nous souhaitons qu’il y ait un minimum de visibilité, que cela profite aux artistes, qu’on se projette vers l’avenir. Après, on verra si on finance d’autres secteurs ». L’important étant de trouver une passerelle entre le passé et le futur. Depuis mardi 31 janvier dernier, toutes les tentatives pour avoir plus de précisions du ministère des Arts et de la Culture ont échoué. Tout juste a-t-on appris, à la cellule de la communication, que « le projet est en cours ».  

En rappel, le C2D, mis en œuvre par l’Agence française de développement, constitue le principal volet bilatéral français d’allègement de la dette. A l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvre très endetté (Ppte) en avril 2006, la France a annulé des créances qui lui étaient dues par le Cameroun à travers un mécanisme de refinancement sous forme de don. En d’autres termes, le gouvernement camerounais continue de rembourser ses créances. Celles-ci sont reversées par le Trésor français sur un compte spécial à double signature à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Béac). Le second volet du C2D (2011-2016) a été signé le 1er juillet 2011 entre la France et le Cameroun pour une enveloppe globale de 213 milliards FCfa.
Stéphanie Dongmo

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