mercredi 1 février 2012

Wend Lassida Ouédraogo : « Le CNA forme un public permanent pour les salles »

Le coordonnateur du Cinéma numérique ambulant, région Afrique, parle du lancement des activités de ce réseau de cinémas mobiles au Cameroun. 




C’est quoi le Cinéma numérique ambulant ?
Le Cinéma numérique ambulant, en abrégé Cna, est un réseau d’associations culturelles à but non lucratif qui diffusent des films africains auprès des populations démunies. Son objectif est de participer à la promotion et à la diffusion du cinéma africain en milieu rural, mais aussi dans les quartiers populaires des villes. Ce sont des zones isolées, dépourvues de centres de loisir et où les sources d’information sont rares. Le Cna s’est toujours positionné comme étant une salle de projection ambulante, avec toutes les conditions techniques adaptées. Il ne se substitue pas aux salles fixes, bien au contraire, il travaille à former et à fidéliser un public. Il est un exploitant occasionnel qui contribue à créer un public permanent pour les salles.
Le Cna diffuse également, à ses séances de projection, des films de sensibilisation et communique avec les populations sur les sujets, les pratiques, les comportements qui constituent des obstacles à leur plein épanouissement. En cela, le Cna constitue un canal d’information, un outil de développement culturel et social. Le Cna a su réunir divertissement, information et éducation.

Les 17 et 18 janvier derniers à Cotonou, le Cna-Afrique a organisé une réunion avec les directeurs de la cinématographie nationale de quatre pays de l’Afrique de l’Ouest. De quoi a-t-il été question pendant cette rencontre ?
Il s’est agi de présenter à ces directeurs le point du partenariat Cna-Africalia Belgium, et de voir ce que nous pouvons faire ensemble. Dans certains pays, comme le Niger et le Mali, le Cna siège au conseil d’administration du Centre national de cinématographie. Au cours de la rencontre de Cotonou, nous nous sommes appuyés sur cet exemple pour construire des relations fortes dans les pays. Nous avons aussi parlé de la question des droits d’auteurs. Le Cinéma numérique ambulant a initié un modèle économique semblable à celui de la télévision, qui fonctionne pratiquement par la publicité. Malgré le fait que les projections ne soient pas payantes, il arrive à payer les droits d’exploitation des films. Le Cna aussi fonctionne en grande partie par la communication pour le changement de comportement. Nous devons nous insérer dans l’économie du cinéma africain.
A l’issue de cette réunion, le Cna-Afrique a invité un représentant des directeurs de la cinématographie à siéger au sein de son conseil d’administration. Ceci pour que l’action du Cna puisse contribuer à la réalisation des politiques culturelles et cinématographiques de nos pays.

En effet, comment le Cna participe à la politique culturelle des pays dans lesquels il est implanté ?
Par l’organisation des séances de projection. En diffusant les films du patrimoine cinématographique africain, le Cna remplit une mission de promotion et de diffusion des œuvres, mission dévolue aux directions de la cinématographie, partie intégrante des politiques culturelles de nos pays.

Où en êtes-vous avec la création de l’Association camerounaise du cinéma numérique ambulant ?
Au Cameroun, tout se passe bien. Jean François Meyer, le chargé de mission du Cna au Cameroun et membre fondateur, est arrivé en novembre 2011. Une association a été créée le 28 janvier dernier, le matériel et un véhicule tout neuf sont arrivés et le personnel est en cours de recrutement. Le Cna-Cameroun compte lancer ses projections dans les prochaines semaines.

La première association Cna a été créée en France en 2001. 11 ans après, quel en est le bilan ?
Le Cna est aujoud’hui présent dans sept pays africains (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal, Cameroun, Togo) et en France. Il compte 15 unités mobiles de projection en numérique, réalise en moyenne 1200 projections par an et emploie une cinquantaine de personnes. A cela s’ajoute sa participation à des grands rendez-vous culturels en Afrique tels le Fespaco, les Rencontres de la photographie de Bamako, le Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou, etc.
Propos recueillis par Stéphanie Dongmo

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